Cet article résume les changements qui touchent directement votre plan de fumure et le statut de vos intrants. Il n'a pas vocation à se substituer à un audit certifié : adressez-vous à votre organisme certificateur pour les cas particuliers.
Ce qui change sur les intrants
La distinction entre intrants "autorisés" et "interdits" est désormais codifiée dans l'annexe II du règlement d'exécution 2021/1165. Pour les engrais organiques, les conditions sont les suivantes :
- Origine 100 % végétale, animale ou minérale naturelle — pas de synthèse chimique.
- Pas de traitement OGM dans la chaîne de production.
- Pas d'extraction par solvants chimiques (CO₂ supercritique et eau autorisés).
- Traçabilité documentée du lot de matière première jusqu'au sac livré.
Un engrais 100 % végétal comme la gamme Chloro Terre coche ces quatre cases par construction : la matière première est issue de coproduits agricoles régionaux, le procédé est mécanique et biologique, le numéro de lot suit chaque conditionnement.
Ce qui change sur la traçabilité
Le règlement renforce la traçabilité par lot et par parcelle. Concrètement, pour conserver la certification UAB, vous devez tenir un cahier d'enregistrement qui consigne :
- La date d'apport et la culture concernée (avec son identifiant parcellaire).
- Le nom commercial de l'intrant, son fournisseur, son numéro de lot.
- La dose appliquée par hectare ou m².
- L'événement météorologique des 48 heures suivantes (lessivage potentiel).
La plupart des organismes certificateurs acceptent un tableur ou un logiciel de gestion parcellaire ; le format papier reste valable.
Ce qui ne change pas
Le principe agronomique de fond reste celui posé par les fondateurs du mouvement biologique : nourrir le sol, pas la plante. La fertilisation cherche à entretenir la fertilité naturelle plutôt qu'à apporter des éléments solubles immédiatement disponibles. C'est exactement ce que produit un engrais à libération progressive : 70 à 80 % de l'azote total est minéralisé sur 90 à 120 jours par la flore microbienne du sol, sans pic de lessivage.
À retenir : si votre fournisseur ne peut pas fournir le numéro de lot UAB de chaque sac, votre certification est exposée lors du prochain audit.
Et la conversion ?
La période de conversion reste de 24 mois pour les cultures annuelles et de 36 mois pour les pérennes (vigne, arboriculture). Pendant cette période, vous appliquez déjà les règles bio sur les intrants, mais vous ne pouvez pas commercialiser en bio. C'est aussi pendant ces deux à trois saisons que la vie microbienne du sol se reconstitue — l'apport d'engrais végétal accélère cette transition par rapport à un démarrage à sec.
Pour les exploitations qui se convertissent, le diagnostic agronomique initial (analyse de sol + cartographie des matières organiques) est un investissement qui se rentabilise sur les trois premières années.
